

Elevée sans amour,
je n'ai jamais connu les promenades en forêt, le bonheur des caresses, les
jeux,
ni les baisers de ma maîtresse...
Je n'ai jamais
senti la chaleur du soleil réchauffer mon pelage ni l'air frais envahir ma
truffe humide. Mes sorties étaient limitées à ma serpillière posée dans un coin
de la cuisine...
Je n'ai jamais
été aimée, laissée pour compte et malade, je me cognais partout aux murs, aux
meubles.
Et puis faute de
s'occuper de moi sauf pour me gronder, ma vue s'est de plus en plus altérée.
Je suis devenue aveugle, seule, sans jamais
personne pour me guider. Je n'ai jamais vu de vétérinaire,
ne sais pas ce que c'est qu'un vaccin car ça
coûtait trop cher de s'occuper d'un chien...
Et puis un jour, fuyant
ma maladie, mon handicape qu'elle ne supportait plus, ma maîtresse décida de se
séparer de moi.
Qu'avais- je donc
fait pour mériter cela ?
moi qui l'aimais
tant et avais tant besoin d'elle...
Je suis toute
petite et aveugle mais j'ai tellement à offrir...
Arrivée au
refuge, je devins dépressive. On me laissa du temps, quelques semaine de
sursis, en espérant que quelqu'un d'assez fou viendrait prendre sous son aile
une petite chienne aveugle.
Mon histoire
suscita beaucoup de remous, mais personne n'était prêt à s'investir assez et s'occuper de moi
et de mon
handicape.
Je comptais les
jours qui me restaient à vivre au refuge, en attendant de voir, pour la
première et sans doute la dernière fois, Monsieur Vétérinaire.
Et
puis un jour, il faisait d'ailleurs froid et je tremblais très fort, elle me
prit dans ses bras...
je
l'ai senti, c'était elle... je venais de comprendre qu'un grand bonheur
commençait.
J'étais
pourtant frigorifiée mais je lui fit la fête, comme pour lui montrer combien
j'étais heureuse...
Je débordais de joie !
Nous
étions toutes les 2 l'une contre l'autre
à nous faire des bisous.
Elle pleurait à chaud de larmes, émue et soulagée
d'avoir enfin pu me sauver...
Après
tant de tourments, tout était désormais finit et je savais maintenant ce
qu'allait être la vie
avec
mes nouveaux parents.
Ma maman est folle de moi. Elle dit que je suis sa beauté, sa merveille, sa douceur, sa tendresse.
Elle
m'appelle sa reine, son horizon, son oxygène, son soleil... et m'a promis
d'être toujours là
pour
s'occuper de moi.
Hier
encore, on m'appelait Paméla. Mais aujourd'hui nous avons décidé d'oublier le
passé.
Désormais, appelez-moi Zia.
